09.07.2009
Emma - Jane Austen

Donc aujourd’hui, let’s talk about « Emma ». Ce roman de Jane Austen ( eh oui, encore elle ) est assez rafraichissant pour que je puisse dire dès maintenant que je l’ai beaucoup apprécié.
Emma est le cinquième roman de Jane Austen, publié en 1815, il traite comme chacun de ses écrits de la vie des jeunes femmes anglaises à l’ère victorienne. Et comme avec chacun de ses romans, Jane Austen permet aux plus sceptiques de se réconcilier avec la littérature classique, en y apportant humour, sensibilité dénuée de niaiseries, et fraicheur.
Ce livre porte donc le nom de l’héroine de l’histoire, Emma Woodhouse. Celle ci est une jeune femme d’une grande beauté, vivant avec son père, intelligente, pleine d’assurance et parfaitement satisfaite de sa vie de célibataire car parfaitement épanouie et entourée de ses plus chers amis.
L’un de ses passe-temps favoris est de trouver aux gens qui l’entourent « the perfect match », elle joue aux cupidons… elle fait l’entremetteuse, et est persuadée d’avoir un don dans la matière, grâce à quelques « victoires » passées.
Séparée de sa gouvernante et plus chère amie qui se marie avant le début du roman, elle se consacre à la très jolie Harriet Smith, qui devient sa protégée, et qu’elle essaye donc de caser avec les meilleurs partis de la région.
N’écoutant pas les conseils de Mr. Knightley, un ami de la famille bien sous tous rapports, Emma joue avec les gens dans l’espoir de les réunir, sans se rendre compte que c’est un jeu dangereux et qu’elle risque de faire du mal sans s’en rendre compte !
J’ai souvent lu que Jane Austen avait peur que les lecteurs n’apprécient pas ce personnage. Certains la trouvent manipulatrice, antipathique, vaniteuse… Mais ce n’est absolument pas mon avis. Je crois même que c’est l’un des personnages féminins de Austen que j’ai préféré, bien avant Elizabeth ! Après tout, elle ne manipule que pour essayer de réunir ses amis, ses intentions sont toujours bonnes et assez naïves même. Elle pense sincèrement savoir juger les personnalités, mais pas comme Elizabeth le faisait : sans véhémence ni arrogance, elle a juste une espèce d’innocence alors qu’elle pense être expérimentée. C’est là que Mr. Knightley apporte un plus : le fait qu’il soit beaucoup plus vieux qu’elle en fait un précieux allié pour essayer de recadrer une Emma qui s’emporte souvent dans son imagination. Elle est tout simplement romanesque.
Et pourtant, elle ne se mèle que des affaires de cœur qui ne la concernent pas, elle ne voit pas ses propres émotions, qu’elle rationalise assez scientifiquement je trouve. Par exemple quand elle se croit peut être un peu amoureuse de Mr. Frank Churchill parce qu’on le lui destine et qu’il flirt élégamment avec elle. Mais jamais elle n’est assiégée par des émotions poignantes, par un amour qui la dévore… Elle suppose, et accepte les regards qu’on lui porte parce qu’elle se sait supérieur à beaucoup d’autres par la beauté, l’éducation et la richesse. Elle n’est pas vaniteuse, elle est sure d’elle, c’est different.
Si sur qu’il est assez agréable pour nous de voir cette assurance décroitre progressivement quand elle se rend compte qu’elle s’est trompée sur toute la ligne en voulant réunir les mauvaises personnes, en ignorant et confondant les attentions qu’un homme lui destinait, en s’imaginant attiré par un homme qui ne lui plaisait pas vraiment, et surtout, en ignorant l’amour qu’elle portait réellement et depuis toujours à l’homme qui l’avait toujours supporté.
Elle se rend compte de sa naïveté, de ses erreurs d’ingérence dans la vie des autres… Elle évolue, devient plus humble… Et tout ça donne un réel intérêt à l’histoire.
« Emma » est par ailleurs assez différent des autres Austen que j’ai pu lire de par le fait que Emma n’est pas consciente d’aimer un homme, et étant entourée par plusieurs prétendants possibles, la fin est moins évidente, moins attendue. Certes, on comprend vers qui elle tendra surement, mais on n’en ai pas sur, on s’interesse donc plus aux détails, et le processus de lecture prend beaucoup d’interet.
C’est donc un de mes Austen préféré jusqu’à maintenant, puisque j’en adore l’héroine aussi bien que l’homme qu’elle aimera ! ( J’ai même hésité entre lui est Darcy pendant un temps… ) ( Ah… Darcy ! )
J’essaye de ne pas dire de qui il s’agit pour éviter de spoiler le fun à ceux qui ne l’on pas encore lu. Call me idiot if you want, j’ai aimé le comprendre toute seule comme une grande !
Bon, maintenant que j’ai fini de parler de l’histoire, je veux aussi noter que le livre est assez léger et se démarque à nouveau d’autres romans de la même auteure comme Mansfield Park : il y a beaucoup plus de dialogues ( qui mènent aux quiproquos et malentendus qui construisent l’histoire ) que dans les autres romans. Alors que dans Mansfield P. par exemple Fanny réfléchit, pense mais parle très peu, Emma, elle, est une personne qui partage ses idées tout en écoutant beaucoup tout ce qui se dit, confessions ou rumeurs, persuadée que ça va l’aider dans les nombreuses intrigues qu’elle crée dans son entourage. Pour certain c’est un point négatif, pour moi c’est assez positif, j’en avais marre de lire des pavés de 600 pages avec quatre répliques de dialogues toutes les 100 pages. Ici, les paroles font avancer l’histoire et les intrigues tout en évitant des lourdeurs qui peuvent mener à l’ennuie.
Pour moi, « Emma » est donc, comme toujours, une réussite de Jane Austen.
Et les filles, arretons de nous voiler la face, nous sommes toutes un peu Emma, au fond.
17:38 Publié dans Challenge Jane Austen 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : austen, challenge, emma, darcy



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